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  • : Bienvenue a vous sur ce blog dédié la foi Catholique, dans le respect des traditions de l'Eglise et de sa Sainte doctrine
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 23:39
 Sermon pour la solennité du Coeur Très Pur de Marie : sur la Foi.



D'autres sermons au prieuré de Bethléem:

http://prieure2bethleem.free.fr/?page_id=97
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 00:31

Sommaire









Introduction


"Contre l'imagerie traditionnelle colportée par les protestants anglais et les philosophes français qui fait de l'Inquisition espagnole l'horreur absolue, on rappelle que ses victimes se comptent au nombre de quelques milliers en l'espace de trois siècles..." [1]

L'iconographie utilisée dans tous les manuels scolaires d'histoire amplifie en effet la légende noire de l'Inquisition, lancée par les encyclopédistes au XVIIIe s.

En 2001, une revue présente le "Livre noir de l'Inquisition", accompagné de ce sous-titre: "Chasse aux sorcières et aux cathares. Portrait d'un fanatique: Torquemada. La torture et l'aveu". Sur les dix-sept illustrations du dossier, sept représentent un bûcher ou une scène de torture. Par un étrange raccourci, l'ensemble se clôt sur une allusion à l'action de l'armée française pendant la guerre d'Algérie (L'Histoire, novembre 2001).

Parce qu'elle est totalement antinomique, du moins en matière religieuse, avec l'esprit contemporain, non seulement l'Inquisition est aujourd'hui inintelligible, mais elle prête de plus en plus le flanc à tous les amalgames (Jean Sévillia, Historiquement correct, Pour en finir avec le passé unique, Perrin, Saint-Amand-Montrond 2003, p. 61).

En 1903, lorsque le parti républicain prépare la loi qui aboutira, en 1905, à la séparation de l'Église et de l'État, rappeler les excès de l'Inquisition médiévale, était pour le camp laïque une arme commode contre le 'fanatisme religieux'... Or, cette conduite n'est pas juste car elle ne tient pas compte de l'état de la société à cette époque et élimine toute contextualisation.

Au sens où l’entend le xxe siècle, l’Inquisition est intolérante. Mais au Moyen Âge, ce qui n’est pas toléré, c’est l’hérésie ou l’apostasie de la foi catholique : les fidèles des autres religions ne sont pas justiciables de l’Inquisition.


Suite ICI

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 17:50
Pere Marie Joseph-Sermon pour le 8ème dimanche après la Pentecôte
« Hors de l’Eglise, point de salut »



D'autres sermons au prieuré de Bethléem:

ttp://prieure2bethleem.free.fr/?page_id=97

 
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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 21:45
Le sédévacantisme c'est quoi?



Sédévacantisme (de l'expression latine sede vacante, « le trône de saint Pierre étant vacant », utilisée entre la mort d'un pape et l'élection de son successeur) est une position religieuse tenue par certains catholiques, qui soutient que depuis la mort de Pie XII, le siège de Pierre est vacant et que, par voie de conséquence, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et Benoît XVI ne sont que des usurpateurs.

 

 

Diversité


Le sédévacantisme actuel est un terme générique qui regroupe plusieurs tendances :

Les sédévacantistes, qui ne sont pas tous du rite catholique romain, ne reconnaissent pas la légitimité et donc l'autorité des pontifes régnant à Rome actuellement en raison de leur défaillance dans la Foi catholique. Ils estiment que l'assistance du Saint-Esprit dont le Souverain pontife jouit le préserve de toute errance dans l'enseignement des vérités catholiques, ce qui d'ailleurs est un Dogme de Foi Catholique. Pour eux, la ratification des décrets du IIe concile du Vatican — en particulier celui sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ — est incompatible avec la possession du Souverain pontificat puisque condamné infailliblement par Sa Sainteté Pie IX dans son encyclique Quanta Cura. Nostra Ætate, le nouveau Code de Droit canon qui aurait procédé à l'inversion des fins du mariages ainsi que de multiples actes (assise) sont considérés par les sédévacantistes comme scandaleux et relevant du schisme, de l'hérésie, de l'apostasie pour Paul VI, Jean-Paul I et II et Benoît XVI.

 

 

Notre Dame de la Salette prédit l'éclipse de l'Eglise et l'apparition de la secte conciliaire  issue de Vatican II (1848) :

"Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'antéchrist...

L'Eglise sera éclipsée, le monde sera dans la consternation."


Pie XII, ou Pastor angelicus, dernier Pape reconnu par les sédévacantistes


Les sédévacantistes reconnaissent en Pie XII le dernier Pontife de la Sainte Église. La plupart émettent des doutes sur la légitimité de Jean XXIII. Le critère permettant de distinguer ceux qui admettent la légitimité de Jean XXIII est leur acceptation du Missel de 1962. En raison notamment de l'ambiguïté de l'encyclique Pacem in Terris et de certains témoignages prouvant son hétérodoxie; la majorité le rejette donc tout à fait et estime que son élection en 1958 est douteuse.

Les sédévacantistes ne reconnaissent donc ni Paul VI ni ses successeurs, puisqu'ils enseignent l'hérésie, ce qui est impossible à un véritable Vicaire de Jésus-Christ.


Les sédévacantistes complets et les sédéprivatistes


On distingue habituellement les sédévacantistes complets qui considèrent celui qui est sur le trône de Pierre comme un imposteur. Ils se réfèrent aux écrits de saint Robert Bellarmin qui fut un grand défenseur de la papauté et qui écrivit différents traités, dont l'un est particulièrement célèbre et aimé des sédévacantistes complets : De Romano Pontifice.

Les sédéprivatistes qui pensent que les successeurs de Pie XII sont papes matériellement, mais non formellement. Ces derniers (qu'on appelle aussi guérardiens ou cassiciacumistes) adhèrent à la Thèse de Cassiciacum, élaborée par le dominicain Guérard des Lauriers pour tenter d'expliquer l'actuelle vacance du siège apostolique.

Pour certains, cette thèse serait battue en brèche par la bulle du Pape Paul IV "cum ex Apostolatus". La distinction philosophique introduite par cette thèse comporte aussi au moins un problème que ses défenseurs ne semblent pas pouvoir résoudre : celui que la matière du pape est, précisément, un homme catholique, de telle sorte que la possession matérielle du Souverain pontificat — c'est le cas de celui qui aurait été élu et qui n'aurait pas encore prononcé son acceptation — n'est possible qu'à un catholique. Un non-catholique est, de part le droit divin et la constitution même de l'Église, absolument inapte aux suffrages de l'Église, et à plus forte raison à toute possession — même materialiter — d'un office ecclésiastique.

D'autre part, comment celui qui n'est pas membre de l'Église pourrait en être la tête ?


Syllogisme


Le raisonnement sédévacantiste procède du syllogisme suivant :

   1. L'Église catholique ne peut se tromper dans l'enseignement de la foi et des mœurs, dans la promulgation des rites liturgiques, de la discipline, du code de droit canonique, dans son magistère ordinaire, on ne peut le nier (majeure).

   2. Or celui qui est assis sur le Siège de Pierre enseigne, défend et propage des choses condamnées antérieurement par l'Église (mineure).

                * donc ce dernier n'est pas un pape légitime.

Certains s'appuient sur la bulle Cum ex Apostolatus du Pape Paul IV, qui énonce en 1559 : « S'il apparaissait (...) qu'un Souverain Pontife lui-même, avant sa promotion et élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, déviant de la foi Catholique est tombé en quelque hérésie, sa promotion ou élévation, même si elle a eu lieu dans la concorde et avec l'assentiment unanime de tous les Cardinaux, est nulle, sans valeur, non avenue. » En effet, comment celui qui n'est pas membre de l'Église catholique pourrait en même temps en être la tête ?


Génèse du sédévacantisme.


Les sédévacantistes considèrent le concile Vatican II comme une rupture avec la Tradition de l'Église : en effet, jamais un concile de l'Église catholique ne pourrait promouvoir des doctrines pernicieuses pour la foi, et antérieurement condamnées infailliblement donc à perpétuité. Jean-Paul II et aujourd'hui Benoît XVI sont unanimement rejetés par les sédévacantistes, qui les regardent comme des imposteurs, des usurpateurs et des hérétiques ainsi que des schismatiques.

Des sédévacantistes étayent leur position par l'existence d'un plan, ou complot, ourdi par la Franc-maçonnerie et différentes sociétés secrètes, ayant pour but la destruction du pouvoir temporel et spirituel de la papauté. Ce complot fut très tôt dénoncé : Clément XII condamna la Franc-maçonnerie par la bulle In eminenti de 1738. D'autre part, des travaux comme ceux de l'abbé Augustin Barruel, Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, mirent au jour un grand nombre de documents inconnus jusqu'alors, tels des correspondances privées entre différents membres de la secte des Illuminés de Bavière. Les papiers secrets de la Haute Vente des Carbonari tombés entre les mains du pape Grégoire XVI évoquent des intentions perverses des Francs-maçons : « Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n'aura besoin que d'être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde. »

La plupart des sédévacantistes se basent sur ces études pour renforcer leur thèse, ainsi que sur la notion d'infaillibilité du magistère de l'Eglise.

En août 1971, le jésuite mexicain Joaquin Saenz Arriaga publie un livre La Nouvelle Église Montinienne dont la conclusion est que le Pape Paul VI avait fondé une nouvelle religion, distincte du catholicisme romain traditionnel. En 1973, il publie un autre travail, Sede Vacante où il affirme nettement que Paul VI, ayant versé dans l'hérésie, avait perdu son autorité papale en vertu de la bulle de S.S. Paul IV cum ex Apostolatus repise dans le code de droit canon de de 1917. Les sédévacantistes s'appuient sur le secret de La Salette, pour justifier leurs positions[1].

Les écrits de Saenz donnèrent naissance au mouvement sédévacantiste, mené au Mexique par les pères Saenz, Carmona et Zamora, aux États-Unis par les Pères François E. Fenton et Burton Fraser, et en France par le Père Guérard des Lauriers (dominicain, qui a développé la thèse dite de Cassiciacum), le Père Barbara.

 

  VATICAN II EST UN CONCILE ANTI-CATHOLIQUE DONC INVALIDE

 

 

Tous rejettent les réformes du concile vatican II. En conséquence, ils refusent aussi les nouvelles règles disciplinaires du Code de droit canonique de 1983, les nouveaux rituels, invalides selon eux, des sacrements promulgués par Paul VI, et tous les enseignements postérieurs au concile Vatican II.

Les sédévacantistes considèrent le rituel des sacres épiscopaux institué par Paul VI en 1968, comme tout à fait invalide, tout comme le nouveau rituel des ordinations sacerdotales ou de la « nouvelle messe » : ce qui ferait de « l'église conciliaire » une église de laïcs comme la secte anglicane, en rupture avec la Sainte Église Apostolique.

Certains y ajoutent le rejet de certains enseignements antérieurs à la mort de Pie XII, comme les modifications apportées au rite de la Semaine Sainte entre 1955 et 1960, ou les réformes du Bréviaire entérinées par Saint Pie X, les considérant comme les prémisses du bouleversement des années 1970 et la marque des influences néfastes au sein de l'Église.


Différences avec la Fraternité Saint-Pie-X


Quoique réfractaires au conciliabule Vatican II, comme ils le nomment, les sédévacantistes ne sont pas pour autant favorables à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX). En effet, si les origines des ces mouvements sont communes, la FSSPX refuse d'admettre la vacance du Saint-Siège, et fait de l'adhésion formelle aux thèses sédévacantistes un motif d'exclusion. Pour elle, il faut reconnaître l’autorité du pape régnant, sans pour autant lui obéir en tout et a fortiori le suivre dans ses erreurs.

Pour les sédévacantistes, cette "politique" porte en elle une contradiction interne : pour l'évêque sédévacantiste Mgr Dolan,[2] « la FSSPX s'est opposée à l’apostasie conciliaire non pas avec une réponse vraiment catholique mais plutôt avec la réponse du jugement privé par lequel les doctrines, les décrets et les disciplines universelles de ce qu’ils pensent être l’Eglise sont sujets à leurs avis privés. » position qu'il estime condamnée par L'Eglise, notamment par la bulle Unam sanctam : "En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain."


Mgr Ngô Dinh Thuc et le sédévacantisme


L'archevêque de Hué, Mgr Pierre-Martin Ngô Dinh Thuc, fut le seul évêque de l'Église catholique romaine auquel on attribua avec persistance des sentiments sédévacantistes. En effet, les nombreuses consécrations épiscopales illicites, qu'il conféra à différents candidats sédévacantistes, pourraient le laisser penser. Cependant, différents éléments mettent en relief qu'il n'embrassa probablement pas les positions dont on voudrait le faire l'ardent défenseur aujourd'hui :

    * En 1976, il est excommunié pour consécrations et ordinations illicites à Palmar de Troya près de Séville,

    * En 1978, il fait amende honorable,

    * En 1981, il est excommunié pour la consécration de Mgr Jean Laborie (de l'église latine de Toulouse),

    * En 1981 il consacre les prêtres Guérard des Lauriers O.P., Moises Carmona Rivera et Alfredo Zamora, à l'épiscopat, puis en 1982 il consacra les prêtres Louis-Irénée Boni f.c. et Jean-Gérard Roux f.c. Pour ces consécrations épiscopales, Mgr Thuc est publiquement excommunié par le Cardinal Joseph Ratzinger par un mandat de Jean-Paul II en 1983. Mais contrairement à Mgr Lefebvre, son nom n'a jamais été supprimé de l'annuaire pontifical qui recense les évêques catholiques. Malgré la déclaration dans laquelle il proclamait son sédévacantisme, Mgr Ngô Dinh Thuc continua à concélébrer occasionnellement avec l'évêque de Toulon dans le nouveau rite de la messe.

    * En 1984, quatre mois avant sa mort, Mgr Thuc fait amende honorable, exhortant Mgr Laborie à se rallier à Rome, ainsi que la communauté de Palmar de Troya (Espagne), où en 1976 lui-même avait consacré Mgr Dominguez ; ce dernier se proclama « pape » (Grégoire XVII) en 1978.

Le père Guérard des Lauriers était prêtre dominicain, adviseur sur le dogme de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, et ancien professeur renommé de l'Université pontificale du Latran à Rome. Le Père Guérard des Lauriers consacra à son tour quelques prêtres sédévacantistes ou sédéprivationistes.

Deux évêques particulièrement connus sillonnent l'Amérique et l'Europe en conférant les ordres sacrés : Mgr Daniel Lytle Dolan et Mgr Donald Sanborn de l'association sacerdotale Instauratio Catholica. Leurs lignées respectives remontent aussi à Mgr Thuc.

Toujours aux États-Unis en 1993 l'évêque-émérite catholique de Arecibo (Porto Rico), Mgr Alfredo José Isaac Cecilio Francesco Méndez-Gonzalez C.S.C. consacra le père Clarence Kelly à l'épiscopat pour la Fraternité Sacerdotale Saint Pie V (SSPV). La FSSPV est une fraternité de quelques prêtres sédévacantistes, originellement issus de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X créée par Mgr Marcel Lefebvre. Cette FSSPV maintient un séminaire près de New York.

 


Fin des temps.


D'autres qui sont en fait la majorité des sédévacantistes, tel que le diacre Vincent Zins, renvoyé du séminaire de la Fraternité Saint Pie X pour son comportement, pensent que nous sommes à l'aube de la venue de l'antéchrist, qui arriverait, selon les commentaires des Pères de l'Église, dans une période où l'Église serait sans chef, et où le Saint Sacrifice de la Messe aurait cessé faisant écho aux Saintes Ecritures. La restauration aurait lieu après la chute de l'antéchrist, et Dieu accorderait, une période plus ou moins longue de paix et de prospérité pour l'Église, où les hommes auraient le temps de faire une ultime pénitence avant le Jugement général de l'humanité, et la fin des temps.


 

Pie XII

 

Source de l'article ici

 

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 21:23
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 10:41
Sa Sainteté le pape Pie X a consacré deux actes à la condamnation des lois iniques de séparation et de mainmise sur les biens d'Eglise : l'encyclique Vehementer Nos et l'allocution au consistoire Gravissimum.

St-Pie-X.jpg

Vehementer Nos Lettre encyclique du 11 février 1906 du Pape Saint Pie X


Vehementer Nos
                         Lettre encyclique du 11 février 1906
                                           Pie X, Pape
                  Aux archevêques, évêques, au clergé et au peuple français,
                                       à Nos bien-aimés fils :
          François-Marie Richard, cardinal prêtre de la Sainte Église romaine,
                                       archevêque de Paris ;
            Victor-Lucien Lecot, cardinal prêtre de la Sainte Église romaine,
                                     archevêque de Bordeaux ;
           Pierre-Hector Coullié, cardinal prêtre de la Sainte Église romaine,
                                       archevêque de Lyon ;
        Joseph-Guillaume Labouré, cardinal prêtre de la Sainte Église romaine,
                                      archevêque de Rennes,
                et à tous Nos vénérables frères, les archevêques et évêques
                            et à tout le clergé et le peuple français,
           
Vénérables Frères, bien-aimés fils, Salut et Bénédiction apostolique !
   
Notre âme est pleine d’une douloureuse sollicitude et Notre cœur se remplit d’angoisse quand
Notre pensée s’arrête sur vous. Et comment en pourrait-il être autrement, en vérité, au lendemain
de la promulgation de la loi qui, en brisant violemment les liens séculaires par lesquels votre
nation était unie au Siège apostolique, crée à l’Église catholique, en France, une situation indigne
d’elle et lamentable à jamais.
    Événement des plus graves sans doute que celui-là ; événement que tous les bons esprits
doivent déplorer, car il est aussi funeste à la société civile qu’à la religion ; mais événement qui n’a
pu surprendre personne pourvu que l’on ait prêté quelque attention à la politique religieuse suivie
en France dans ces dernières années.
    Pour vous, vénérables frères, elle n’aura été bien certainement ni une nouveauté, ni une
surprise, témoins que vous avez été des coups si nombreux et si redoutables tour à tour portés par
l’autorité publique à la religion.
                                                                                
 Les attentats passés
  
 Vous avez vu violer la sainteté et l’inviolabilité du mariage chrétien par des dispositions
législatives en contradiction formelle avec elles, laïciser les écoles et les hôpitaux, arracher les
clercs à leurs études et à la discipline ecclésiastique pour les astreindre au service militaire,
disperser et dépouiller les congrégations religieuses et réduire la plupart du temps leurs membres
au dernier dénuement. D’autres mesures légales ont suivi, que vous connaissez tous. On a abrogé
la loi qui ordonnait des prières publiques au début de chaque session parlementaire et à la rentrée
des tribunaux, supprimé les signes traditionnels à bord des navires le Vendredi Saint, effacé du
serment judiciaire ce qui en faisait le caractère religieux, banni des tribunaux, des écoles, de
l’armée, de la marine, de tous les établissements publics enfin, tout acte ou tout emblème qui
pouvait, d’une façon quelconque, rappeler la religion.
    Ces mesures et d’autres encore qui peu à peu séparaient de fait l’Église de l’État n’étaient rien
autre chose que des jalons placés dans le but d’arriver à la séparation complète et officielle. Leurs
promoteurs eux-mêmes n’ont pas hésité à le reconnaître hautement, et maintes fois.
    Pour écarter une calamité si grande, le Siège apostolique, au contraire, n’a absolument rien
épargné. Pendant que, d’un côté, il ne se lassait pas d’avertir ceux qui étaient à la tête des affaires
françaises et qu’il les conjurait à plusieurs reprises de bien peser l’immensité des maux
qu’amènerait infailliblement leur politique séparatiste, de l’autre, il multipliait vis-à-vis de la
France les témoignages éclatants de sa condescendante affection.
    Il avait le droit d’espérer ainsi, grâce aux liens de la reconnaissance, de pouvoir retenir ces
politiques sur la pente et de les amener enfin à renoncer à leurs projets ; mais, attentions, bons
offices, efforts tant de la part de Notre Prédécesseur que de la Nôtre, tout est resté sans effet, et la
violence des ennemis de la religion a fini par emporter de vive force ce à quoi pendant longtemps
ils avaient prétendu à l’encontre de vos droits de nation catholique et de tout ce que pouvaient
souhaiter les esprits qui pensent sagement.
    C’est pourquoi, dans une heure aussi grave pour l’Église, conscient de Notre charge
apostolique, Nous avons considéré comme un devoir d’élever Notre voix et de vous ouvrir Notre
âme, à vous, vénérables Frères, à votre clergé et à votre peuple, à vous tous que Nous avons
toujours entourés d’une tendresse particulière, mais qu’en ce moment, comme c’est bien juste,
Nous aimons plus tendrement que jamais.
                                                         
  Fausseté du principe de la Séparation
   
Qu’il faille séparer l’État de l’Église, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse
erreur. Basée, en effet, sur ce principe que l’État ne doit reconnaître aucun culte religieux, elle est
tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu, car le Créateur de l’homme est aussi le
fondateur des sociétés humaines et il les conserve dans l’existence comme il nous soutient.
    Nous lui devons donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour
l’honorer.
    En outre, cette thèse est la négation très claire de l’ordre surnaturel ; elle limite, en effet,
l’action de l’État à la seule poursuite de la prospérité publique durant cette vie, qui n’est que la
raison prochaine des sociétés politiques, et elle ne s’occupe en aucune façon, comme lui étant
étrangère, de leur raison dernière qui est la béatitude éternelle proposée à l’homme quand cette vie
si courte aura pris fin.
    Et pourtant, l’ordre présent des choses qui se déroulent dans le temps se trouvant subordonné à
la conquête de ce bien suprême et absolu, non seulement le pouvoir civil ne doit pas faire obstacle
à cette conquête, mais il doit encore nous y aider.
    Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre
qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés.
    Ces deux sociétés, la société religieuse et la société civile, ont en effet les mêmes sujets, quoique
chacune d’elles exerce dans sa sphère propre son autorité sur eux.

   Il en résulte forcément qu’il y aura bien des matières dont elles devront connaître l’une et
l’autre, comme étant de leur ressort à toutes deux.
    Or, qu’entre l’État et l’Église l’accord vienne à disparaître, et de ces matières communes
pulluleront facilement les germes de différends qui deviendront très aigus des deux côtés.
    La notion du vrai en sera troublée et les âmes en seront remplies d’une grande anxiété.
    Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas
prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion, règle suprême et
souveraine maîtresse quand il s’agit des droits de l’homme et de ses devoirs. Aussi, les pontifes
romains n’ont-ils pas cessé, suivant les circonstances et selon les temps, de réfuter et de
condamner la doctrine de la séparation de l’Église et de l’État.
    Notre illustre prédécesseur Léon XIII, notamment, a plusieurs fois et magnifiquement exposé
ce que devraient être, suivant la doctrine catholique, les rapports entre les deux sociétés. « Entre
elles, a-t-il dit, il faut nécessairement qu’une sage union intervienne, union qu’on peut non sans
justesse comparer à celle qui réunit dans l’homme l’âme et le corps. Quædam intercedat necesse est
ordinata colligatio (inter illas) quæ quidem conjunctioni non immerito comparatur per quam anima et
corpus in homine copulantur. » Il ajoute encore : « Les sociétés humaines ne peuvent, sans devenir
criminelles, se conduire comme si Dieu n’existait pas, ni refuser de se préoccuper de la religion
comme si elle leur était chose étrangère ou qui ne pût leur servir de rien. Quant à l’Église, qui a
Dieu lui-même pour auteur, l’exclure de la vie active de la nation, des lois, de l’éducation de la
jeunesse, de la société domestique, c’est commettre une grande et pernicieuse erreur ! Civitates
non possunt, citra scelus, gerere se, tanquam si Deus omnino non esset, aut curam religionis velut alienam
nihilque profuturam abjicere. Ecclesiam vero, quam Deus ipse constituit, ab actione vitæ excludere, a
legibus, ab institutione adolescentium, a societate domestica, magnus et perniciosus est error » (Lettre
encyclique Immortale Dei, 1er novembre 1885).

 La Séparation est particulièrement funeste et injuste en France
  
 Que si en se séparant de l’Église, un État chrétien, quel qu’il soit, commet un acte
éminemment funeste et blâmable, combien n’est-il pas à déplorer que la France se soit engagée
dans cette voie, alors que, moins encore que toutes les autres nations, elle n’eût dû y entrer, la
France, disons-Nous, qui, dans le cours des siècles, a été, de la part de ce Siège apostolique, l’objet
d’une si grande et si singulière prédilection, la France, dont la fortune et la gloire ont toujours été
intimement unies à la pratique des mœurs chrétiennes et au respect de la religion.
    Le même pontife Léon XIII avait donc bien raison de dire : « La France ne saurait oublier que
sa providentielle destinée l’a unie au Saint-Siège par des liens trop étroits et trop anciens pour
qu’elle veuille jamais les briser. De cette union, en effet, sont sorties ses vraies grandeurs et sa
gloire la plus pure. Troubler cette union traditionnelle, serait enlever à la nation elle-même une
partie de sa force morale et de sa haute influence dans le monde » (Allocution aux pèlerins
français, 13 avril 1888).
    Les liens qui consacraient cette union devaient être d’autant plus inviolables qu’ainsi l’exigeait
la foi jurée des traités. Le Concordat passé entre le Souverain Pontife et le gouvernement français,
comme du reste tous les traités du même genre, que les États concluent entre eux, était un contrat
bilatéral, qui obligeait des deux côtés : le Pontife romain d’une part, le chef de la nation française
de l’autre, s’engagèrent donc solennellement, tant pour eux que pour leurs successeurs, à
maintenir inviolablement le pacte qu’ils signaient.

   
Il en résultait que le Concordat avait pour règle la règle de tous les traités internationaux, c’est-
à-dire le droit des gens, et qu’il ne pouvait, en aucune manière, être annulé par le fait de l’une
seule des deux parties ayant contracté. Le Saint-Siège a toujours observé avec une fidélité
scrupuleuse les engagements qu’il avait souscrits et, de tout temps, il a réclamé que l’État fît
preuve de la même fidélité. C’est là une vérité qu’aucun juge impartial ne peut nier. Or,
aujourd’hui, l’État abroge de sa seule autorité le pacte solennel qu’il avait signé.
    Il transgresse ainsi la foi jurée et, pour rompre avec l’Église, pour s’affranchir de son amitié, ne
reculant devant rien, il n’hésite pas plus à infliger au Siège apostolique l’outrage qui résulte de
cette violation du droit des gens qu’à ébranler l’ordre social et politique lui-même, puisque, pour
la sécurité réciproque de leurs rapports mutuels, rien n’intéresse autant les nations qu’une fidélité
irrévocable dans le respect sacré des traités.
 
Aggravation de l’injure

   
La grandeur de l’injure infligée au Siège apostolique par l’abrogation unilatérale du Concordat
s’augmente encore et d’une façon singulière quand on se prend à considérer la forme dans laquelle
l’État a effectué cette abrogation. C’est un principe admis sans discussion dans le droit des gens et
universellement observé par toutes les nations que la rupture d’un traité doit être préventivement
et régulièrement notifiée d’une manière claire et explicite à l’autre partie contractante par celle qui
a l’intention de dénoncer le traité. Or, non seulement aucune dénonciation de ce genre n’a été
faite au Saint-Siège, mais aucune indication quelconque ne lui a même été donnée à ce sujet ; en
sorte que le gouvernement français n’a pas hésité à manquer vis-à-vis du Siège apostolique aux
égards ordinaires et à la courtoisie dont on ne se dispense même pas vis-à-vis des États les plus
petits, et ses mandataires, qui étaient pourtant les représentants d’une nation catholique, n’ont pas
craint de traiter avec mépris la dignité et le pouvoir du Pontife, chef suprême de l’Église, alors
qu’ils auraient dû avoir pour cette puissance un respect supérieur à celui qu’inspirent toutes les
autres puissances politiques et d’autant plus grand que, d’une part, cette puissance a trait au bien
éternel des âmes et que, d’autre part, elle s’étend partout sans limites.
 
Injustice et périls des dispositions de la loi examinée en détail


Associations cultuelles
  
 Si Nous examinons maintenant en elle-même la loi qui vient d’être promulguée, Nous y
trouvons une raison nouvelle de Nous plaindre encore plus énergiquement. Puisque l’État,
rompant les liens du Concordat, se séparait de l’Église, il eût dû comme conséquence naturelle lui
laisser son indépendance et lui permettre de jouir en paix du droit commun dans la liberté qu’il
prétendait lui concéder. Or, rien n’a été moins fait en vérité. Nous relevons, en effet, dans la loi,
plusieurs mesures d’exception, qui, odieusement restrictives, mettent l’Église sous la domination
du pouvoir civil. Quant à Nous, ce Nous a été une douleur bien amère que de voir l’État faire
ainsi invasion dans des matières qui sont du ressort exclusif de la puissance ecclésiastique, et Nous
en gémissons d’autant plus qu’oublieux de l’équité et de la justice, il a créé par là à l’Église de
France une situation dure, accablante et oppressive de ses droits les plus sacrés.
    Les dispositions de la nouvelle loi sont, en effet, contraires à la Constitution suivant laquelle
l’Église a été fondée par Jésus-Christ. L’Écriture nous enseigne, et la tradition des Pères nous le
confirme, que l’Église est le corps mystique du Christ, corps régi par des pasteurs et des docteurs
(Ephes. iv, 11 et sqq.), société d’hommes, dès lors, au sein de laquelle des chefs se trouvent qui ont
de pleins et parfaits pouvoirs pour gouverner, pour enseigner et pour juger (Matth. xxviii, 18-20 ;
xvi, 18-19 ; xviii, 17 ; Tit. ii, 15 ; II Cor. x, 6 ; xiii, 10 et alibi).

  
 Il en résulte que cette Église est par essence une société inégale, c’est-à-dire une société
comprenant deux catégories de personnes : les pasteurs et le troupeau, ceux qui occupent un rang
dans les différents degrés de la hiérarchie et la multitude des fidèles ; et ces catégories sont
tellement distinctes entre elles, que dans le corps pastoral seul résident le droit et l’autorité
nécessaires pour promouvoir et diriger tous les membres vers la fin de la société.
    Quant à la multitude, elle n’a pas d’autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau
docile, de suivre ses pasteurs.
    Saint Cyprien, martyr, exprime cette vérité d’une façon admirable, quand il écrit : « Notre
Seigneur dont nous devons révérer et observer les préceptes réglant la dignité épiscopale et le
mode d’être de son Église, dit dans l’Évangile, en s’adressant à Pierre : Ego dico tibi quia tu es
Petrus, etc. »
    Aussi, « à travers les vicissitudes des âges et des événements, l’économie de l’épiscopat et la
constitution de l’Église se déroulent de telle sorte que l’Église repose sur les évêques et que toute
sa vie active est gouvernée par eux. Dominus noster cujus præcepta metuere et servare debemus,
Episcopi honorem et Ecclesiæ suæ rationem disponens in Evangelio loquitur et dixit Petro : ego dico tibi
quia tu es Petrus, etc. Inde per temporum et successionum vices Episcoporum ordinatio et Ecclesiae ratio
decurrit ut Ecclesia super Episcopos constituatur et omnis actus Ecclesiæ per eosdem præpositos
gubernetur » (Saint Cyprien, epist. xxxiii [al. xxvii] ad lapsos, n. 1).
    Saint Cyprien affirme que tout cela est fondé sur une loi divine : « Divina lege fundatum. »
    Contrairement à ces principes, la loi de séparation attribue l’administration et la tutelle du
culte public, non pas au corps hiérarchique divinement institué par le Sauveur, mais à une
association de personnes laïques.
    À cette association elle impose une forme, une personnalité juridique ; et, pour tout ce qui
touche au culte religieux, elle la considère comme ayant seule des droits civils et des
responsabilités à ses yeux. Aussi est-ce à cette association que reviendra l’usage des temples et des
édifices sacrés. C’est elle qui possédera tous les biens ecclésiastiques, meubles et immeubles ; c’est
elle qui disposera, quoique d’une manière temporaire seulement, des évêchés, des presbytères et
des séminaires ! C’est elle, enfin, qui administrera les biens, réglera les quêtes et recevra les
aumônes et les legs destinés au culte religieux. Quant au corps hiérarchique des pasteurs, on fait
sur lui un silence absolu ! Et si la loi prescrit que les associations cultuelles doivent être constituées
conformément aux règles d’organisation générale du culte, dont elles se proposent d’assurer
l’exercice, d’autre part, on a bien soin de déclarer que, dans tous les différends qui pourront naître
relativement à leurs biens, seul le Conseil d’État sera compétent. Ces associations cultuelles elles-
mêmes seront donc, vis-à-vis de l’autorité civile dans une dépendance telle, que l’autorité
ecclésiastique, et c’est manifeste, n’aura plus sur elles aucun pouvoir. Combien toutes ces
dispositions seront blessantes pour l’Église et contraires à ses droits et à sa constitution divine ! Il
n’est personne qui ne l’aperçoive au premier coup d’œil, sans compter que la loi n’est pas conçue,
sur ce point, en des termes nets et précis, qu’elle s’exprime d’une façon très vague et se prêtant
largement à l’arbitraire et qu’on peut, dès lors, redouter de voir surgir de son interprétation même
de plus grands maux !

L’Église ne sera pas libre
   
En outre, rien n’est plus contraire à la liberté de l’Église que cette loi. En effet, quand, par suite
de l’existence des associations cultuelles, la loi de séparation empêche les pasteurs d’exercer la
plénitude de leur autorité et de leur charge sur le peuple des fidèles ; quand elle attribue la
juridiction suprême sur ces associations cultuelles au Conseil d’État et qu’elle les soumet à toute
Vehementer Nos & Gravissimum, page 5
une série de prescriptions en dehors du droit commun qui rendent leur formation difficile, et plus
difficile encore leur maintien ; quand, après avoir proclamé la liberté du culte, elle en restreint
l’exercice par de multiples exceptions ; quand elle dépouille l’Église de la police intérieure des
temples pour en investir l’État ; quand elle entrave la prédication de la foi et de la morale
catholiques et édicte contre les clercs un régime pénal sévère et d’exception ; quand elle sanctionne
ces dispositions et plusieurs autres dispositions semblables où l’arbitraire peut aisément s’exercer :
que fait-elle donc sinon placer l’Église dans une sujétion humiliante et, sous le prétexte de
protéger l’ordre public, ravir à des citoyens paisibles, qui forment encore l’immense majorité en
France, le droit sacré de pratiquer leur propre religion ? Aussi, n’est-ce pas seulement en
restreignant l’exercice de son culte auquel la loi de séparation réduit faussement toute l’essence de
la religion, que l’État blesse l’Église, c’est encore en faisant obstacle à son influence toujours si
bienfaisante sur le peuple et en paralysant de mille manières différentes son action.
    C’est ainsi, entre autres choses, qu’il ne lui a pas suffi d’arracher à cette Église les ordres
religieux, ses précieux auxiliaires dans le sacré ministère, dans l’enseignement, dans l’éducation,
dans les œuvres de charité chrétienne ; mais qu’il la prive encore des ressources qui constituent les
moyens humains nécessaires à son existence et à l’accomplissement de sa mission.

Droit de propriété violé
   
Outre les préjudices et les injures que Nous avons relevés jusqu’ici, la loi de séparation viole
encore le droit de propriété de l’Église et elle le foule aux pieds ! Contrairement à toute justice,
elle dépouille cette Église d’une grande partie d’un patrimoine, qui lui appartient pourtant à des
titres aussi multiples que sacrés. Elle supprime et annule toutes les fondations pieuses très
légalement consacrées au culte divin ou à la prière pour les trépassés. Quant aux ressources que la
libéralité catholique avait constituées pour le maintien des écoles chrétiennes, ou pour le
fonctionnement des différentes œuvres de bienfaisance cultuelles, elle les transfère à des
établissements laïques où l’on chercherait vainement le moindre vestige de religion ! En quoi elle
ne viole pas seulement les droits de l’Église, mais encore la volonté formelle et explicite des
donateurs et des testateurs !
    Il Nous est extrêmement douloureux aussi qu’au mépris de tous les droits, la loi déclare
propriété de l’État, des départements ou des communes, tous les édifices ecclésiastiques antérieurs
au Concordat. Et si la loi en concède l’usage indéfini et gratuit aux associations cultuelles, elle
entoure cette concession de tant et de telles réserves qu’en réalité elle laisse aux pouvoirs publics la
liberté d’en disposer.
    Nous avons de plus les craintes les plus véhémentes en ce qui concerne la sainteté de ces
temples, asiles augustes de la Majesté divine et lieux mille fois chers, à cause de leurs souvenirs, à
la piété du peuple français ! Car ils sont certainement en danger, s’ils tombent entre des mains
laïques, d’être profanés ! Quand la loi supprimant le budget des cultes exonère ensuite l’État de
l’obligation de pourvoir aux dépenses cultuelles, en même temps elle viole un engagement
contracté dans une convention diplomatique et elle blesse très gravement la justice. Sur ce point,
en effet, aucun doute n’est possible et les documents historiques eux-mêmes en témoignent de la
façon la plus claire. Si le gouvernement français assuma, dans le Concordat, la charge d’assurer
aux membres du clergé un traitement qui leur permit de pourvoir, d’une façon convenable, à leur
entretien et à celui du culte religieux, il ne fit point cela à titre de concession gratuite, il s’y obligea
à titre de dédommagement partiel, au moins vis-à-vis de l’Église, dont l’État s’était approprié les
biens pendant la première Révolution.
    D’autre part aussi, quand, dans ce même Concordat et par amour de la paix, le Pontife romain
s’engagea, en son nom et au nom de ses successeurs à ne pas inquiéter les détenteurs des biens qui
avaient été ainsi ravis à l’Église, il est certain qu’il ne fit cette promesse qu’à une condition : c’est
que le gouvernement français s’engagerait à perpétuité à doter le clergé d’une façon convenable et
à pourvoir aux frais du culte divin.

Principe de discorde
   
Enfin – et comment pourrions-Nous bien Nous taire sur ce point ? – en dehors des intérêts de
l’Église qu’elle blesse, la nouvelle loi sera aussi des plus funestes à votre pays ! Pas de doute, en
effet, qu’elle ne ruine lamentablement l’union et la concorde des âmes. Et cependant, sans cette
union et sans cette concorde, aucune nation ne peut vivre ou prospérer. Voilà pourquoi, dans la
situation présente de l’Europe surtout, cette harmonie parfaite forme le vœu le plus ardent de tous
ceux qui, en France, aimant vraiment leur pays, ont encore à cœur le salut de la patrie.
    Quant à Nous, à l’exemple de Notre Prédécesseur et héritier de sa prédilection toute
particulière pour votre nation, Nous Nous sommes efforcé sans doute de maintenir la religion de
vos aïeux dans l’intégrale possession de tous ses droits parmi vous, mais, en même temps, et
toujours ayant devant les yeux cette paix fraternelle, dont le lien le plus étroit est certainement la
religion, Nous avons travaillé à vous raffermir tous dans l’union. Aussi, Nous ne pouvons pas voir,
sans la plus vive angoisse, que le gouvernement français vient d’accomplir un acte qui, en attisant,
sur le terrain religieux, des passions excitées déjà d’une façon trop funeste, semble de nature à
bouleverser de fond en comble tout votre pays.
                                                                                  
 La condamnation
   
C’est pourquoi, Nous souvenant de Notre charge apostolique et conscient de l’impérieux
devoir qui Nous incombe de défendre contre toute attaque et de maintenir dans leur intégrité
absolue les droits inviolables et sacrés de l’Église, en vertu de l’autorité suprême que Dieu Nous a
conférée, Nous, pour les motifs exposés ci-dessus, réprouvons et condamnons la loi votée en
France sur la séparation de l’Église et de l’État comme profondément injurieuse vis-à-vis de Dieu,
qu’elle renie officiellement, en posant en principe que la République ne reconnaît aucun culte.
    Nous la réprouvons et condamnons comme violant le droit naturel, le droit des gens et la
fidélité due aux traités, comme contraire à la constitution divine de l’Église, à ses droits essentiels,
à sa liberté ; comme renversant la justice et foulant aux pieds les droits de propriété que l’Église a
acquis à des titres multiples et, en outre, en vertu du Concordat. Nous la réprouvons et
condamnons comme gravement offensante pour la dignité de ce Siège apostolique, pour Notre
personne, pour l’épiscopat, pour le clergé et pour tous les catholiques français.
    En conséquence, Nous protestons solennellement de toutes Nos forces contre la proposition,
contre le vote et contre la promulgation de cette loi, déclarant qu’elle ne pourra jamais être
alléguée contre les droits imprescriptibles et immuables de l’Église pour les infirmer.
                                         
Aux Évêques et au Clergé — Instructions Pratiques
   
Nous devions faire entendre ces graves paroles et vous les adresser à vous, vénérables Frères, au
peuple de France et au monde chrétien tout entier, pour dénoncer le fait qui vient de se produire.
    Assurément, profonde est Notre tristesse, comme Nous l’avions déjà dit, quand, par avance,
Nous mesurions du regard les maux que cette loi va déchaîner sur un peuple si tendrement aimé
par Nous, et elle Nous émeut plus profondément encore à la pensée des peines, des souffrances,
des tribulations de tout genre qui vont vous incomber à vous aussi vénérables Frères, et à votre
clergé tout entier.

  Mais, pour Nous garder au milieu des sollicitudes si accablantes, contre toute affliction
excessive et contre tous les découragements, Nous avons le ressouvenir de la Providence divine
toujours si miséricordieuse et l’espérance mille fois vérifiée que jamais Jésus-Christ n’abandonnera
son Église, que jamais, il ne la privera de son indéfectible appui. Aussi, sommes-Nous bien loin
d’éprouver la moindre crainte pour cette Église. Sa force est divine comme son immuable
stabilité. L’expérience des siècles le démontre victorieusement. Personne n’ignore, en effet, les
calamités innombrables et plus terribles les unes que les autres qui ont fondu sur elle pendant
cette longue durée et là où toute institution purement humaine eût dû nécessairement s’écrouler,
l’Église a toujours puisé dans ses épreuves une force plus vigoureuse et une plus opulente
fécondité.
    Quant aux lois de persécution dirigées contre elle, l’histoire nous l’enseigne, et dans des temps
assez rapprochés la France elle-même nous le prouve, forgées par la haine, elles finissent toujours
par être abrogées avec sagesse, quand devient manifeste le préjudice qui en découle pour les États.
Plaise à Dieu que ceux qui en ce moment sont au pouvoir en France suivent bientôt sur ce point
l’exemple de ceux qui les y précédèrent. Plaise à Dieu qu’aux applaudissements de tous les gens de
bien, ils ne tardent pas à rendre à la religion, source de civilisation et de prospérité pour les
peuples, avec l’honneur qui lui est dû, la liberté ! En attendant, et aussi longtemps que durera une
persécution oppressive, revêtus des armes de lumière (Rom. xiii, 12), les enfants de l’Église doivent
agir de toutes leurs forces pour la vérité et pour la justice. C’est leur devoir toujours ! C’est leur
devoir aujourd’hui plus que jamais ! Dans ces saintes luttes, vénérables Frères, vous qui devez être
les maîtres et les guides de tous les autres, vous apporterez toute l’ardeur de ce zèle vigilant et
infatigable, dont de tout temps l’épiscopat français a fourni à sa louange des preuves si connues de
tous ; mais par-dessus tout, Nous voulons, car c’est une chose d’une importance extrême, que,
dans tous les projets que vous entreprendrez pour la défense de l’Église, vous vous efforciez de
réaliser la plus parfaite union de cœur et de volonté !
    Nous sommes fermement résolu à vous adresser, en temps opportun, des instructions pratiques
pour qu’elles vous soient une règle de conduite sûre au milieu des grandes difficultés de l’heure
présente. Et Nous sommes certain d’avance que vous vous y conformerez très fidèlement.
    Poursuivez cependant l’œuvre salutaire que vous faites, ravivez le plus possible la piété parmi
les fidèles, promouvez et vulgarisez de plus en plus l’enseignement de la doctrine chrétienne,
préservez toutes les âmes qui vous sont confiées des erreurs et des séductions qu’aujourd’hui elles
rencontrent de tant de côtés ; instruisez, prévenez, encouragez, consolez votre troupeau ;
acquittez-vous enfin vis-à-vis de lui de tous les devoirs que vous impose votre charge pastorale.
    Dans cette œuvre, vous aurez sans doute, comme collaborateur infatigable, votre clergé. Il est
riche en hommes remarquables par leur piété, leur science, leur attachement au Siège apostolique,
et Nous savons qu’il est toujours prêt à se dévouer sans compter, sous votre direction, pour le
triomphe de l’Église et pour le salut éternel du prochain.
    Bien certainement, les membres de ce clergé eux aussi comprendront que dans cette tourmente
ils doivent avoir au cœur les sentiments qui furent jadis ceux des apôtres et ils se réjouiront d’avoir
été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus. Gaudentes quoniam digni habiti
sunt pro nomine Jesu contumeliam pati (Act. v, 41).
    Ils revendiqueront donc vaillamment les droits et la liberté de l’Église, mais sans offenser
personne. Bien plus soucieux de garder la charité comme le doivent surtout des ministres de
Jésus-Christ, ils répondront à l’iniquité par la justice, aux outrages par la douceur, et aux mauvais
traitements par des bienfaits.

                                                      
Au peuple catholique — Appel à l’union
 
  Et maintenant, c’est à vous que Nous Nous adressons, catholiques de France ; que Notre
parole vous parvienne à tous comme un témoignage de la très tendre bienveillance avec laquelle
Nous ne cessons pas d’aimer votre pays et comme un réconfort au milieu des calamités
redoutables qu’il va vous falloir traverser.
    Vous savez le but que se sont assigné les sectes impies qui courbent vos têtes sous leur joug, car
elles l’ont elles-mêmes proclamé avec une cynique audace : « Décatholiciser la France ».
    Elles veulent arracher de vos cœurs, jusqu’à la dernière racine, la foi qui a comblé vos pères de
gloire, la foi qui a rendu votre patrie prospère et grande parmi les nations, la foi qui vous soutient
dans l’épreuve, qui maintient la tranquillité et la paix à votre foyer, et qui vous ouvre la voie vers
l’éternelle félicité.
    C’est de toute votre âme, vous le sentez bien, qu’il vous faut défendre cette foi ; mais ne vous y
méprenez pas, travail et efforts seraient inutiles si vous tentiez de repousser les assauts qu’on vous
livrera sans être fortement unis. Abdiquez donc tous les germes de désunion s’il en existait parmi
vous et faites le nécessaire pour que, dans la pensée comme dans l’action, votre union soit aussi
ferme qu’elle doit l’être parmi des hommes qui combattent pour la même cause, surtout quand
cette cause est de celles au triomphe de qui chacun doit volontiers sacrifier quelque chose de ses
propres opinions.
    Si vous voulez dans la limite de vos forces, et comme c’est votre devoir impérieux, sauver la
religion de vos ancêtres des dangers qu’elle court, il est de toute nécessité que vous déployiez dans
une large mesure vaillance et générosité. Cette générosité vous l’aurez, Nous en sommes sûr et, en
vous montrant ainsi charitables vis-à-vis de ses ministres, vous inclinerez Dieu à se montrer de
plus en plus charitable vis-à-vis de vous. Quant à la défense de la religion, si vous voulez
l’entreprendre d’une manière digne d’elle, la poursuivre sans écart et avec efficacité, deux choses
importent avant tout : vous devez d’abord vous modeler si fidèlement sur les préceptes de la loi
chrétienne que vos actes et votre vie tout entière honorent la foi dont vous faites profession ; vous
devez ensuite demeurer très étroitement unis avec ceux à qui il appartient en propre de veiller ici-
bas sur la religion, avec vos prêtres, avec vos évêques et surtout avec ce Siège apostolique, qui est
le pivot de la foi catholique et de tout ce qu’on peut faire en son nom. Ainsi armés pour la lutte,
marchez sans crainte à la défense de l’Église, mais ayez bien soin que votre confiance se fonde
tout entière sur le Dieu dont vous soutiendrez la cause et, pour qu’il vous secoure, implorez-le
sans vous lasser.
    Pour Nous, aussi longtemps que vous aurez à lutter contre le danger, Nous serons de cœur et
d’âme au milieu de vous. Labeurs, peines, souffrances, Nous partagerons tout avec vous et,
adressant en même temps au Dieu qui a fondé l’Église et qui la conserve, Nos prières les plus
humbles et les plus instantes, Nous le supplierons d’abaisser sur la France un regard de
miséricorde, de l’arracher aux flots déchaînés autour d’elle et de lui rendre bientôt, par
l’intercession de Marie Immaculée, le calme et la paix. Comme présage de ces bienfaits célestes et
pour vous témoigner Notre prédilection toute particulière, c’est de tout cœur que Nous vous
donnons Notre bénédiction apostolique, à vous, vénérables Frères, à votre clergé et au peuple
français tout entier.
   
Donné à Rome, près Saint-Pierre,
le 11 février de l’année 1906, de Notre pontificat la troisième.
Pius PP. X Vehementer Nos & Gravissimum, pag


 Allocution Gravissimum prononcée au Consistoire du 21 février 1906

  
  Vénérables Frères,
  
 Ayant à remplir un acte très grave de Notre charge apostolique, Nous vous avons aujourd’hui
convoqués.
    Nombreuses sont les amertumes et les injustices infligées chaque jour, dans cette tempête
désastreuse, à l’Église et à Nous, qui, malgré notre indignité, la gouvernons comme vicaire de Jésus-
Christ. Mais Nous souvenant néanmoins de la patience de ce même Jésus-Christ et confiant dans
ses promesses certaines, Nous Nous efforçons de supporter l’adversité avec mansuétude ; afin que,
comme lui, Nous marchions dans l’espérance de la gloire des fils de Dieu.
    Mais l’offense infligée naguère à l’Église et à Nous est si grave et si violente que Nous ne
pouvons la passer sous silence, et, le voudrions-Nous, Nous ne pourrions la taire sans manquer à
notre devoir.

Rappel du droit et des faits
 
Vous devinez, Vénérables Frères, que Nous voulons parler de cette loi absolument inique, ourdie
pour la ruine du catholicisme, qui vient d’être promulguée en France en vue de la séparation de
l’État d’avec l’Église.
    Notre récente Encyclique adressée aux évêques, au clergé et au peuple français a montré
pleinement combien cette loi est odieuse et contraire aux droits de Dieu et de l’Église. Mais pour ne
négliger en aucun point Notre charge apostolique, Nous Nous proposons de préciser et de
confirmer solennellement, en votre présence auguste, ce que Nous avons dit.
    En effet, pouvons-Nous ne pas réprouver cette loi, lorsque son titre même montre sa malice et la
condamne ? Il s’agit, Vénérables Frères, de séparer violemment l’État de l’Église. Donc, telle qu’elle
est, elle tend au mépris du Dieu éternel et Très-Haut, puisqu’elle affirme qu’aucun culte ne lui est
dit par l’État. Or, Dieu n’est pas seulement le seigneur et le maître des hommes considérés
individuellement, mais il l’est aussi des nations et des États ; il faut donc que ces nations et ceux qui
les gouvernent le reconnaissent, le respectent et le vénèrent publiquement.
    Si l’oubli de ce devoir et ce divorce sont partout injurieux pour la majesté divine, ils sont en
France une ingratitude plus grande et un malheur plus funeste.
    Car si l’on considère en toute vérité l’ancienne gloire de la France, on reconnaîtra qu’elle lui vient
en majeure partie, et de beaucoup, de la religion et de l’union constante avec le Saint-Siège, qui en
découlait. De plus, cette union de l’Église et de l’État était sanctionnée en France par un pacte
solennel.
    Or, ce qui ne se ferait pour aucun État, si petit qu’il fût, on l’a fait pour le Siège apostolique, dont
l’autorité et l’importance sont si grandes dans le monde.
    En effet, au mépris de tout devoir d’urbanité, contrairement au droit des gens et aux règles des
États, ce pacte, si solennel et si légitime, a été déchiré sans aucune déclaration préalable de la
volonté de le rompre, par le fait d’une des parties seulement, sans égard à la foi jurée.
    Et maintenant, si nous examinons la teneur même de la loi, qui ne voit que le fait de sa
proposition détruit la constitution même par laquelle Jésus-Christ a façonné l’Église qu’il a acquise
par son sang ?
 
 Ainsi, on n’y trouve aucune mention du Pontife romain ni des évêques. Au contraire, toute
l’administration et toute la surveillance du culte publie sont remises à des associations de citoyens
auxquelles seules, dans tout le domaine religieux, la République reconnaît des droits civils. Et si
quelque contestation s’élève entre elles, ce n’est pas par les évêques ni par Nous que le litige sera jugé
et tranché, mais par le Conseil d’État.
    Après l’adoption de cette loi, ce qu’il faut penser, Vénérables Frères, de la liberté de l’Église,
Nous l’avons exposé plus amplement dans la Lettre Encyclique rappelée plus haut.
    Mais ici Nous dirons en résumé que, d’un côté, les évêques ne peuvent plus régir le peuple
chrétien dans la pleine souveraineté de leur charge, de l’autre, on enlève au peuple chrétien le droit
très sacré de professer librement sa religion ; enfin, l’action de l’Église sur la société est affaiblie sur
de nombreux points ou tout fait entravée.
    Or, cette violation des droits et cette diminution de liberté s’aggravent encore de ce fait que
l’Église, par le seul pouvoir de la loi, au mépris de la justice et nonobstant la foi des traités, est
troublée dans la légitime possession de son patrimoine.
    Quant à la République, elle se délie de toute obligation de subvenir aux dépenses annuelles de la
religion, dépenses que, par une convention, elle avait prises à sa charge en compensation de la
spoliation officielle.
                                    

 Condamnation sans appel

 Après vous avoir fait, en raison de l’importance du sujet, ces communications, Nous rappelant les
devoirs de la charge apostolique par laquelle Nous sommes tenu de protéger et de défendre par tous
les moyens les droits sacrés de l’Église, Nous prononçons solennellement en votre auguste
assemblée Notre sentence sur cette loi.
    En vertu de la suprême autorité dont Nous jouissons comme tenant la place du Christ sur la
terre, Nous la condamnons et réprouvons comme injurieuse au Dieu très bon et très grand,
contraire à la divine constitution de l’Église, favorisant le schisme, hostile à Notre autorité et à celle
des pasteurs légitimes, spoliatrice des biens de l’Église, opposée an droit des gens, ennemie du Siège
apostolique et de Nous-même, très funeste aux évêques, au clergé et aux catholiques de France ;
Nous prononçons et Nous déclarons que cette loi n’aura jamais et en aucun cas aucune valeur contre
les droits perpétuels de l’Église.
                                       

 Paternelle sympathie
  
 Et maintenant, Notre cœur se tourne vers la nation française ; avec elle, Nous sommes affligé ;
avec elle, Nous pleurons. Que personne ne pense que Notre amour pour elle s’est refroidi parce que
Nous avons été si amèrement traité. Nous songeons avec douleur à ces Congrégations privées de
leurs biens et de leur patrie. Nous voyons avec une paternelle inquiétude des multitudes
d’adolescents réclamant une éducation chrétienne. Nous avons devant les yeux les évêques, Nos
Frères, et les prêtres jetés au milieu des tribulations et exposés à des maux plus graves encore. Nous
chérissons les fidèles opprimés sous cette loi ; Nous les embrassons d’un cœur paternel et plein
d’amour.
    L’audace et l’iniquité des méchants ne pourront jamais effacer les mérites acquis par la France,
durant le cours des siècles, envers l’Église. Notre espoir est que ces mérites s’accroîtront encore
quand les temps seront redevenus paisibles. C’est pourquoi Nous exhortons Nos Fils chéris à ne pas
se décourager ni se laisser abattre par les épreuves et les difficultés des temps. Qu’ils veillent, fermes
dans la foi ; qu’ils agissent virilement, se rappelant la devise de leurs ancêtres : Christus amat Francos.
Le Siège apostolique sera toujours près d’eux, ne laissant jamais la Fille aînée de l’Église réclamer
inutilement les secours de sa sollicitude et de sa charité.
Vehementer Nos & Gravissimum, page 11

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 16:53
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 21:10

Piégé par l’action combinée de Benoît XVI et de Mgr Williamson, Mgr Fellay trahit Mgr Lefebvre et abandonne son combat

Publication Virgo-Maria.org du 25 janvier 2009

Bernard Fellay serre la main de l’abbé apostat Ratzinger le 29 août 2005 à Castel Gandolfo


Piégé par l’action combinée de l’abbé apostat Ratzinger-Benoît XVI  et de Mgr Williamson à la Rose, Mgr Fellay trahit Mgr Lefebvre et abandonne son combat. 21 janvier 2009 : la décapitation du combat de Mgr Lefebvre par Rome et avec l’appui enthousiaste de Mgr Fellay. Mgr Fellay serre la main de l’abbé apostat Ratzinger le 29 août 2005 à Castel Gandolfo, devant l’abbé Hoyos radieux. Il a alors convenu avec Benoît XVI de « procéder par degré et en un temps raisonnable »  pour parvenir à la « complète réconciliation et à la pleine communion ». Il suppliait l’ennemi de Mgr Lefebvre de guérir son « malaise spirituel ». Le Vatican a rendu public le « décret-guillotine » du 21 janvier 2009, par lequel il suspend les effets juridiques de l’« excommunication » contre les 4 évêques, mais sans annuler l’« excommunication » de Mgr Lefebvre. Contrairement aux déclarations mensongères de Mgr Fellay, Ratzinger-Benoît XVI a « remis » la peine de l’excommunication sans l’annuler ni la lever, d’ailleurs, à l’opposé du décret de 1988, le décret du 21 janvier est vierge de toute invocation au Droit canon. Le procureur de Ratisbonne (Regensburg) a porté plainte contre Mgr Williamson. La police allemande a fait une descente au séminaire de Zaitzkofen et interrogé l’abbé Frey. Elle envisage une expédition au séminaire de La Reja. Sur Fox Nex, Mgr Williamson a continué ses provocations. Mgr Fellay déclare à la télévision suisse TSR : « Nous sommes évidemment bien, bien gêné (…) il n’engage que sa personne (…) on va conclure que toute la Fraternité est je ne sais pas trop, antisémite et tout ça, et là je m’érige avec véhémence contre une telle accusation». Et pour la suite ? « Les combats ont cessé, et maintenant il faut se mettre à la table des négociations » déclare l’abbé Celier, Le combat de Mgr Lefebvre a cessé ! Deux ‘acquis’ du concile Vatican II : l’œcuménisme et la reconnaissance de la liberté religieuse : «Nous ne sommes pas contre, affirme l’abbé Celier, membre de la commission doctrinale nommée par Mgr Fellay. Pour l’agence d’information vaticane Zenit, par le décret du 21 janvier, l’abbé apostat Ratzinger-Benoît XVI a voulu ‘purifier la mémoire’ car il « contribue sans aucun doute à cette « purification de la mémoire » souhaitée par Jean-Paul II à l’occasion du Grand Jubilé de l’Incarnation » et son acte s’inscrit dans la dynamique de l’« œcuménisme » conciliaire : « Actualité du concile Benoît XVI avait souligné le 40e anniversaire de la conclusion du concile (8 décembre 1965) et son actualité : « Au fil des ans, les Documents conciliaires n’ont pas perdu leur actualité… ; leurs enseignements se révèlent même particulièrement pertinents au regard des nouvelles exigences de l’Église et de la société actuelle mondialisée ». De quoi rassurer ceux que le retour à la communion de la Fraternité Saint-Pie X inquiète. Car parmi les documents du concile, se trouve le décret sur l’œcuménisme « Unitatis redintegratio », en date du 21 novembre 1964, qui affirme : « Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens c’est l’un des buts principaux du saint Concile œcuménique Vatican II. Une seule et unique Église a été instituée par le Christ Seigneur ». Nul doute que le nouveau geste de Benoît XVI, à la veille de la conclusion de la grande semaine annuelle de prière pour l’unité des chrétiens, s’inscrive dans cette dynamique. » On ne pourrait donc décrire en des termes plus clairs le modernisme achevé de ce décret du 21 janvier et les intentions profondément révolutionnaires qui ont présidé à sa promulgation. Alors quelle imposture quand Mgr Fellay vient le louer et mentir en déclarant que « La Tradition n’est plus excommuniée » !  Au nom des principes révolutionnaires ? Au nom de ces mêmes principes qui le font comparer par Zenit à « la grandeur de la « Déclaration commune » historique, au cœur de Vatican II, le 7 décembre 1965, du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras Ier exprimant leur décision d’enlever de la « mémoire » et du milieu de l’Église les sentences d’excommunication de l’année 1054. » ? De qui se moque Mgr Fellay ? Un « miracle » différé de Lourdes ? Mgr Fellay va peut-être obtenir de l’abbé apostat Ratzinger-Benoît XVI la guérison de son « malaise spirituel » qui le « fait d’autant plus souffrir ». Quelle sera l’ampleur de la scission de Mgr Tissier de Mallerais ? Le protecteur de clercs homosexuels, l’ex-Anglican britannique, Mgr Williamson à la Rose va tenter de discréditer l’opposition ou les réticenses éventuelles de Mgr Tissier au ralliement de la FSSPX à la Rome conciliaire apostate, et plus généralement toute opposition farouche au ralliement, en lui collant des étiquettes infâmantes par des déclarations provocantes dans la presse mondiale. Cette annonce romaine que Mgr Fellay salue par des Magnificat, intervient à l’occasion de deux dates symboliques pour la nouvelle église et la nouvelle religion « antichriste » qui se sont installées au Vatican :

  • A la veille du cinquantenaire de la convocation de Vatican II (25 janvier 1959) .
  • En pleine semaine pour l’ “unité des Chrétiens”, clin d’œil à l’œcuméniste apostat, l’abbé Paul Couturier.
Merci au site Le CatholicaPedia Blog
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 20:36
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 00:35
Le Miracle de Faverney, le Protestantisme et le Modernisme




Sermon de monsieur l’abbé Jocelyn Le Gal, de l’Institut Mater Boni Consilii . 

D'autres sermons au pieuré Notre Dame de Bethléem: ICI

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