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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 17:55
RAPPEL:

Mercredi(16 décembre), Vendredi(18 décembre) et Samedi(19 décembre) des quatre-temps d'hiver.

Jours de Jeune et d'abstinence.


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Et pourquoi donc?


La liturgie romaine connaît depuis très longtemps, à côté du cycle annuel, un cycle trimestriel, en ce sens que, dans chacune des quatre saisons de l'année, il y a une semaine particulièrement distinguée dite des Quatre-Temps. Trois jours de cette semaine, le mercredi, le vendredi et le samedi, sont fixés comme jours de jeûne et pourvus d'un formulaire propre, qui montre encore des traits antiques.

Il nous reste du pape saint Léon le Grand une série de sermons pour les Quatre-Temps. Le dimanche qui précède la semaine des Quatre-Temps, il parle de la signification de la pénitence et du jeûne, et il termine par cette invitation : « Nous jeûnerons donc le mercredi et le vendredi, quant au samedi nous veillerons tous ensemble près de saint Pierre ».

Nous savons par les Ordines romains que, dans le haut moyen âge, tous les trois jours avait lieu, comme introduction à l'office divin, une procession de pénitence (collecta), tout comme en certains jours du Carême. Dans la nuit du samedi au dimanche, il y avait une vigile complète. Aussi ces samedis s'appelaient-ils, dans les livres liturgiques du haut moyen âge, sabbatum in XII lectionibus. On lisait, comme à Pâques, douze péricopes spécialement choisies de la Sainte Écriture. Chacune se terminait par un chant responsorial et une oraison. Les six leçons que notre Missel comporte encore avant l'Évangile des samedis des Quatre-Temps, avec le Flectamus genua et l'oraison qui les suivent chaque fois, en sont un vestige. La messe dite après les lectures valait pour le dimanche. Dans certains des plus anciens manuscrits liturgiques, se trouve cette annotation : Dominica vacat, c'est-à-dire le dimanche n'a pas de messe propre. Toutefois, à partir du VII° siècle, un formulaire de messe fut généralement ajouté.

Les opinions diffèrent relativement à l'origine des Quatre-Temps. G. Morin a voulu y voir les jours de fête de la moisson de la Rome antique, qui avaient lieu trois fois par an : à l'époque de la semaille, à la moisson et à la vendange. Bien que les chrétiens se soient gardés d'accepter des formes du culte païen, ils ont pu conserver des époques de prières qu'ils avaient observées déjà lorsqu'ils étaient païens. En outre certains indices montrent que tout d'abord le christianisme a observé non pas quatre, mais trois semaines. À la place des Quatre-Temps de printemps, eut lieu, de bonne heure, la préparation à la fête de Pâques.

Toutefois l'influence de l'usage antique demeure pure conjecture. Peut-être S. Léon le Grand n'a-t-il pas tort de faire remonter les Quatre-Temps à une origine apostolique ; il semble même que le judaïsme antérieur au christianisme connaissait un usage analogue. Chez le prophète Zacharie (8, 19), il est question d'un « jeûne du quatrième, du cinquième, du septième et du dixième mois » et, dans les textes hébreux de la mer Morte, découverts en 1947, il est question de prières spéciales pour les trois (ou quatre) saisons.

Mais en tous les cas l'Église romaine a donné à cet usage une empreinte nouvelle. Nous pouvons distinguer trois éléments dans les Quatre-Temps : les Quatre-Temps étaient des semaines de recueillement spirituel revenant une fois tous les trimestres. Aussi, durant ces semaines, on jeûnait plus rigoureusement et au jeûne était jointe la prière. On devait aussi pratiquer avec une ferveur particulière les oeuvres de miséricorde et donner aux pauvres ce qu'on avait épargné par le jeûne.

Ensuite on voulut, aux Quatre-Temps, remercier Dieu pour la moisson ou demander la bénédiction divine sur les semailles. Les Quatre-Temps de la Pentecôte correspondaient à la moisson, ceux de l'automne à la vendange et ceux d'hiver à la récolte d'huile. On aimait à rappeler à cette occasion les paroles du psaume où il est question du froment, du vin et de l'huile (4, 8). De nombreuses peintures des catacombes montrent du reste combien les chrétiens de Rome vivaient avec la nature et avec les saisons.

Enfin, à partir du pape Gélase Ier, les vigiles des Quatre-Temps devinrent les jours de collation des ordres majeurs. Dans une ordonnance de 494, Gélase prit cette décision : Les prêtres et les diacres ne seraient plus ordonnés qu'au cours de la vigile nocturne du samedi de ces quatre semaines de jeûne et, en outre, au cours d'une semblable vigile de la semaine située au milieu du Carême [Note]. Ce sont les mêmes dates qui, avec la vigile pascale, sont encore prescrites aujourd'hui (canon 1006). Elles paraissaient particulièrement appropriées au but mentionné, parce que la semaine qui les précédait représentait la meilleure préparation pour les candidats à l'ordination comme pour le peuple. Une prescription du Capitulare ecclesiastici ordinis franco-romain (milieu du VIII° siècle) montre combien on attachait de valeur à cette relation de l'ordination avec la vigile : Si la semaine des Quatre-Temps au début du Carême ne tombe pas dans le mois de mars, il faut faire les ordinations plus tard, mais alors en observant le mercredi et le vendredi de la même manière et en lisant « 12 leçons le samedi » puis on ferait l'ordination. C'est, au fond, la même idée qui se trouve dans le canon 1001, prescrivant aux candidats aux ordres majeurs de se préparer durant six jours par une retraite à leur ordination. Seulement, autrefois, le peuple chrétien aussi devait participer à ces exercices spirituels préalables.

Les semaines des Quatre-Temps ont disparu, au cours des derniers siècles, de la pratique chrétienne, surtout là où le jeûne ne fut plus prescrit. À la fin du moyen âge, les jours des Quatre-Temps étaient encore comme des fêtes d'obligation, où l'on devait s'abstenir des oeuvres serviles. Les dimanches des Quatre-Temps étaient des jours consacrés au souvenir des défunts. Aujourd'hui encore il y a des paroisses, dans le Tyrol par exemple, où ces dimanches se distinguent par une réception presque générale des sacrements et par des prières spéciales pour les défunts. Et si ailleurs on pense durant ces jours au sacerdoce et prie pour de bons et dignes prêtres, cela aussi répond parfaitement au sens que l'antiquité chrétienne attachait aux Quatre-Temps.

Note. C'est la semaine désignée à Rome comme (septimana) mediana. Le formulaire d'une vigile complète, ce samedi-là, n'a pas été conservé. Mais le formulaire de la messe du dimanche (notre dimanche de la Passion) montre encore de frappantes allusions au sacerdoce : la leçon (Hébreux 9, 11-15) et le verset de la Communion (I Corinthiens 11, 24) avec cet ordre : « Faites ceci en mémoire de moi ». -- Parmi les formulaires de Quatre-Temps, celui du Carême fait nettement allusion à la collation des ordres. Il y est question de la participation du Seigneur et des servi tui ; cf. la même expression au canon de la messe. Février était à Rome, depuis le VI° siècle, la date préférée pour les ordinations.

[La Liturgie de l'Église romaine, J. A. Jungmann, SJ., 1957]

 



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Published by Tonino - dans Catholique
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